Au fil des villes du Loiret…

Malesherbes

 

La grande figure du Malesherbois, M. de Malesherbes était passionné de botanique et de roses. Avec son voisin et ami, Duhamel du Monceau, il échangeait des graines et des découvertes botaniques. À cette époque où apparaissent les tout premiers rosiers d’ornement, et où on commence juste à obtenir de nouvelles variétés, il en plante quantités dans le parc de son château de Malesherbes, qui était une merveille que les amateurs venaient visiter, de toute l’Europe. Il protège et recommande le jeune Jacques-Louis Descemet, qui allait devenir le premier obtenteur de roses du Premier Empire. Beaucoup plus tard, en 1834, Vibert, le successeur de Descemet devait dédier une rose à M. de Malesherbes : une rose pourpre tachetée de rose. Cette rose existe toujours, dans la fameuse roseraie conservatoire de Sangerhausen en Allemagne.

Cette passion pour les plantes est restée attachée à son personnage bien après sa mort. En 1821, dans Eloge de Malesherbes par Gandouard de Montaure :

« Il était dans les champs l’homme de la nature (…)
Dans ses bois, ses jardins, des plantes étrangères,
De nombreux végétaux inconnus à nos pères,
Venaient s’acclimater sous ses utiles mains
Pour ajouter encore au bonheur des humains. (…)
Une bêche à la main, s’il cultivait des fleurs,
La rose printanière et ses vives couleurs
Ornaient de ses jardins les riantes bordures :
Les arbustes de l’Inde y mêlaient leurs parures,
Et dans tous les massifs qu’il aimait varier
L’hortensia croissait à côté du laurier. »

Son amour des roses l’avait conduit à rétablir sur ses terres la très ancienne coutume de la Rosière, cette jeune fille vertueuse récompensée et couronnée de roses. Bien plus tard après la mort de Malesherbes, cette initiative inspirait un charmant vaudeville donné au Théâtre de la Gaîté en 1818. Vaudeville en un acte d’Alexandre M. Maréchalle.

Voir : Les roses du Loiret et les femmes

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