Au fil des villes du Loiret…

GIEN 

Le Jardin des Sablons : Actuellement en cours de reconstruction ! Jean Pouillart, créateur de Globe Planter, travaille en partenariat étroit avec l’obtenteur allemand Kordes (très souvent primé au Concours international de roses d’Orléans auquel il participe chaque année). Produits sans traitement fongicides. Les rosiers Kordes commercialisés par Globe Planter portent le label très exigeant ADR, le must en termes de développement durable. Les différentes collections de rosiers sont mises en scène dans le Jardin des Sablons : Les Rosiers sans contrainte, les Rosiers Super conquérants, les Rosiers Féériques.

Châteauneuf-sur-Loire Eulalie Lebrun, mariée à Pierre-François Ladureau devint propriétaire de ce qui restait du château à la mort de son père en 1819 (ce dernier Benoist Lebrun avait démoli la majeure partie du château pour revendre les matériaux, et laissé le beau parc à la française à l’abandon). C’est donc elle qui va redonner vie au parc de Châteauneuf en faisant appel à un remarquable (et original) paysagiste, René-Charles Huillard d’Hérou.

Sur le plan historique, la grande figure castelneuvienne Albert Viger, fut plusieurs fois Ministre de l’Agriculture, sénateur-maire de Châteauneuf, passionné de roses. Il comptait de nombreux amis parmi les grands rosiéristes orléanais (Gouchault, Barbier, Turbat). Président de la SNHF, et président d’honneur de la Société des Amis des Roses, c’est à son initiative que se tiendra le 10 novembre 1897 le premier congrès national de la Rose. Orléans fut tout naturellement désigné pour recevoir cette importante manifestation. Et c’est sous la présidence d’Albert Viger que le Congrès se déroula. Il est également président du Congrès international d’Horticulture de Paris en 1900, manifestation de grande envergure dans laquelle la rosiculture a tenu une place importante.

Rose emblématique : La rose Eulalie Lebrun, Une rose gallique panachée ravissante délicatement striée de rose, de lilas et de blanc, considérée alors comme l’une des plus belle rose centfeuilles. Obtention : 1844 par JP Vibert (1777-1866), l’un des plus grands obtenteurs de roses du début du XIXe siècle. Ce rosier ancien non remontant est toujours commercialisé.

LA CHAPELLE-ST-MESMIN

Des roses historiques… : Au début du XIXe siècle, le jardin du château du Haut à La Chapelle eut son heure de gloire, lorsque s’y installa en 1801 une tragédienne célèbre qui avait été adulée avant la Révolution sur la scène de la Comédie Française, Mlle Raucourt. Elle avait eu une vie scandaleuse, mais à La Chapelle, elle s’adonnait à sa passion pour les fleurs, passion mise à la mode sous le premier Empire par l’impératrice Joséphine, qui était une amie de Mlle Raucourt. Elle consacrait beaucoup de temps à son jardin et s’occupait elle-même de ses plantations : elle faisait des semis, des boutures et des greffes. Elle avait fait installer dans son parc de 12 ha une remarquable serre chaude et une orangerie abritant des plantes rares et exotiques. Elle avait une très belle collections de roses Ce qui valut la visite de son amie l’impératrice Joséphine, qui partageait la même passion des fleurs rares. Après sa mort en 1815, la ville d’Orléans se rendit adjudicataire en 1816 des serres, des plantes rares et de la collection de roses du château de la Chapelle, pour les installer dans le Jardin des Plantes de la Ville.

MEUNG-SUR-LOIRE ET LES ROSES

Odon de Meung : C’est dans l’abbaye Saint-Liphard de Meung que fleurirent les premières roses du Loiret… Eudes (ou Odon) de Meung est né à Meung sur Loire au XIe siècle. Il est l’auteur d’un poème didactique sur la pharmacie des plantes et drogues. Celui-ci s’appuie sur des sources antiques, mais aussi sur une expérience personnelle. Le Viribus Herbarium est composé de 2278 vers et 77 chapitres, consacrés à la description des plantes. Il fut largement répandu en Europe et a été traduit en différentes langues dès le siècle suivant. C’est le premier poète de Meung et déjà il parle de la rose : il mentionnait la Rose parmi les 77 plantes médicinales majeures qu’il recommandait dans ce grand ouvrage de médecine monastique.

Jean de Meung et le Roman de la Rose : Dans le Loiret, on a tant aimé la rose qu’on l’a mise en chansons et en poèmes. Ainsi le très fameux Roman de la Rose est l’œuvre, au 13ème siècle de deux poètes de l’Orléanais : Guillaume de Lorris et Jean de Meung. C’est d’une  rose, image sublimée de la femme, que le poète tombe éperdument amoureux : « Sitôt que je sentis la Rose, je ne rêvai qu’une chose, m’en approcher et la cueillir ». Et ce fameux roman de la Rose est  le récit d’une quête amoureuse, pleine d’obstacles que l’amant franchit pour enfin pouvoir cueillir la rose, objet de tous ses désirs. Les rosiéristes Hémeray-Aubert ont dédié deux de leurs obtentions aux deux poètes du Roman de la Rose.

François Villon et la rose : Il a lu et relu le Roman de la Rose, qu’il connaît presque par cœur et dont il réutilise certains thèmes « Beaux enfants, vous perdez la plus belle rose de vos chapeaux ».

OLIVET 

Les premières pépinières s’installent à Olivet à partir de 1850, dans le secteur du Pont-Lazin, et se spécialisent, comme les établissements tout proches de Saint-Marceau, dans la création de roses.

Quelques très grands noms de rosiéristes olivétains :

  • Jacques Vigneron et son fils Alcide, spécialisés en tant qu’obtenteurs de roses dites hybrides remontants, aux talents reconnus aussi bien en Europe qu’aux États-Unis. La collection générale de roses mises au catalogue Vigneron, en comptant toutes les variétés obtenues à l’extérieur, atteignit un millier en 1905 ! A voir, La roseraie Jean Dupont à Orléans Saint-Marceau, où sont cultivées plusieurs roses Vigneron père et fils : Belle d’Orléans, Marie Dauvesse, Mme Ernest Levavasseur, Dames Patronnesses d’Orléans…
  • Robichon A et fils: situés route d’Orléans à Olivet. Les Robichon étaient une vieille famille de jardiniers de Saint Marceau. L’une des branches de cette famille fonda l’établissement Arthur Robichon et fils 7 et 9 route d’Orléans à Olivet. Arthur Robichon créa des polyanthas, dont Jacques Proust en 1904 (à la pépinière Francia Thauvin). Les Robichon sont toujours présents sur Olivet.
  • Corboeuf : Jean-Baptiste Corboeuf dit Corboeuf-Marsault installé route d’Ivoy à Olivet (1886), puis à Orléans rue de la Cigogne (1889), où il va commercialiser 32 nouveautés, dans tous les groupes de roses, aussi bien hybrides thé, que polyanthas, thés, Wichura, et même roses de France. Très actif, très présent dans les expositions nationales de roses. La maison disparaît en 1913. Plusieurs rosiers Corboeuf sont en production chez Francia Thauvin.
  • Georges Bénard, installé route de Saint-Mesmin, obtenteur de roses intéressant mais qui ne commercialisait pas lui-même ses créations (les confiait à Corboeuf pour la vente). Aux pépinières Bénard succèderont en 1943 les pépinières Pierre Burte puis Burte et fils, qui après la Seconde Guerre mondiale continueront à produire de nombreux rosiers, liées par contrat à Universal Rose sélection (Meilland). Aujourd’hui les pépinières Burte sont à Melleray.

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